©Photo : Kulturfabrik
En 2002, l’armée israélienne rase le camp de réfugiés de Jénine. Alors que l’accès est interdit à tout journaliste et à la mission d’enquête de l’ONU, le réalisateur palestinien Mohammed Bakri entre dans le camp et tourne Jenin, Jenin pour donner une voix à ses habitants. En Israël le film est censuré. Depuis 2023, l’armée israélienne s’acharne à nouveau contre Jénine. Bakri revient avec sa caméra et retrouve des mêmes témoins: Janin, Jenin, son nouveau film, également censuré en Israël, montre que l’occupation est bien plus violente et reste la même occupation brutale, 20 ans plus tard.
En collaboration avec le Comité pour une Paix plus Juste au Proche-Orient.
Témoignages sur la situation actuelle à Jénine
Depuis 2011 le CPJPO et l’association de femmes « Not To Forget » soutiennent un projet pour enfants dans le camp de réfugiés de Jénine. La projection sera suivie de témoignages sur la situation actuelle. Dans le cadre de ce projet une mission a pu se rendre sur place du 2 au 13 décembre 2025. Suite à la projection Monique Langevin et Michel Legrand du CPJPO apporteront leur témoignage sur la situation dramatique actuelle.
La situation actuelle du camp de Jénine :
Il y a un an, une opération militaire israélienne de grande envergure menée dans le nord de la Cisjordanie a forcé quelque 32000 personnes à quitter leur foyer dans trois camps de réfugiés où elles vivaient : Les camps de Jénine, de Tulkarem et de Nour Chams ont été vidés. Un an plus tard, les habitants ne peuvent toujours pas rentrer chez eux ; il s’agit du plus grand déplacement forcé de Palestiniens en Cisjordanie depuis 1967. Israël a rasé des sections entières des camps, démolissant 850 maisons et autres bâtiments dans les trois camps, ses soldats ont tiré sur les personnes qui tentaient de rejoindre leurs maisons pour récupérer leurs effets personnels. Cet assaut militaire brutal et violent a ainsi mené au départ de presque tous les réfugiés de ces camps, eux qui avaient déjà été expulsés de leurs foyers en 1948 et en 1967. Il s’agit de nouveaux crimes de guerre pour déplacement forcé.
Hommage à Mohammed Bakri
L’acteur et réalisateur Mohammed Bakri, défenseur de la cause palestinienne connu pour son documentaire “Jénine, Jénine”, est mort le 24 décembre dernier à l’âge de 72 ans.
Né en Galilée en 1953 dans une famille palestinienne, son engagement en faveur de la cause de son peuple lui a valu des confrontations régulières avec les autorités israéliennes.
Acteur de théâtre et de cinéma, il avait joué notamment dans des films de Costa-Gavras ou de Paolo et Vittorio Taviani. Sa notoriété internationale lui est venue avec son documentaire “Jénine, Jénine” de 2002 sur les crimes de guerre de l’armée israélienne en 2002 dans le camp de réfugiés palestiniens de Jénine pendant la deuxième Intifada.
Il était le père de six enfants dont trois acteurs, dont Saleh Bakri, ayant lui aussi connu une brillante carrière d’acteur. Père et fils ont plusieurs fois été ensemble à l’affiche.
“Depuis ses débuts au théâtre, l’art n’était pas un simple loisir pour Mohammed Bakri, mais un outil de prise de conscience et de confrontation, rappelant que l’art peut être un acte de résistance”, conclut un hommage de la radio arabo-israélienne A-Shams.
